Fiche 16 — Questions d’entretien & cas pratiques

A. Questions techniques rapides — réponse en < 60 s

# Question Réponse
1 Triptyque CIA Confidentialité, Intégrité, Disponibilité. Modèle FR DICP : + Preuve (traçabilité).
2 Menace / vulnérabilité / risque Menace = cause potentielle (acteur + mode opératoire). Vulnérabilité = faiblesse exploitable. Risque = menace × vulnérabilité × impact sur un actif de valeur. Sans actif de valeur, pas de risque.
3 IDS/IPS/EDR/XDR/NDR/SIEM/SOAR IDS détecte le réseau, IPS bloque. EDR = détection/réponse sur l’endpoint. NDR = idem sur le réseau (comportemental). XDR = corrélation multi-domaines d’un même éditeur. SIEM = collecte et corrèle tous les logs. SOAR = automatise l’enrichissement et la réponse.
4 AuthN / AuthZ — OAuth/OIDC/SAML AuthN = prouver qui je suis ; AuthZ = ce que j’ai le droit de faire. OAuth 2.0 = autorisation (pas d’authentification !). OIDC = authentification au-dessus d’OAuth (ID token). SAML = fédération d’authentification web (assertions XML).
5 Symétrique / asymétrique Symétrique = 1 clé partagée, rapide, problème d’échange. Asymétrique = paire de clés, résout l’échange et permet la signature, mais lent. TLS fait de l’hybride : asymétrique pour établir la clé de session, symétrique pour les données.
6 Forward secrecy La compromission future de la clé privée du serveur ne permet pas de déchiffrer les sessions passées. Obtenue par échange éphémère (ECDHE). Obligatoire en TLS 1.3.
7 Hachage / chiffrement / encodage Hachage = à sens unique, pour l’intégrité. Chiffrement = réversible avec une clé, pour la confidentialité. Encodage (Base64) = réversible sans clé, ce n’est pas de la sécurité.
8 PtH / Kerberoasting / DCSync PtH : réutilisation du hash NTLM sans le mot de passe → tiering + Credential Guard + retrait de NTLM. Kerberoasting : TGS d’un compte à SPN cassé hors ligne → gMSA, AES only, retrait des SPN. DCSync : réplication des secrets via DRSUAPI → restreindre DS-Replication-Get-Changes, surveiller.
9 RTO / RPO RTO = durée d’indisponibilité acceptable (temps). RPO = perte de données acceptable (fenêtre de données).
10 CVSS / EPSS / KEV CVSS = sévérité technique (0-10). EPSS = probabilité d’exploitation à 30 j. KEV = liste CISA des vulnérabilités effectivement exploitées. On priorise : KEV → CVSS élevé + EPSS élevé → reste, pondéré par exposition et criticité de l’actif.
11 XSS / CSRF / SSRF / IDOR XSS : script injecté exécuté chez la victime (sortie non encodée). CSRF : la victime exécute une action à son insu (pas de preuve d’intention). SSRF : le serveur requête une URL contrôlée par l’attaquant (→ metadata cloud). IDOR : identifiant d’objet manipulable, autorisation non vérifiée par objet.
12 SPF / DKIM / DMARC SPF = IP autorisée pour le domaine de l’enveloppe. DKIM = signature cryptographique du message. DMARC = alignement avec le From: visible + politique + reporting. C’est l’alignement qui protège de l’usurpation.
13 Responsabilité partagée Le fournisseur sécurise le cloud, le client sécurise dans le cloud. Dans tous les modèles, données + identités + configuration = client.
14 Secrets Kubernetes Base64, pas chiffrés, stockés dans etcd. Il faut chiffrer etcd (KMS), un RBAC strict, et idéalement un coffre externe (External Secrets Operator / Vault).
15 NC majeure / mineure Majeure = exigence absente ou défaillance systémique → bloque le certificat. Mineure = écart isolé sur un processus qui fonctionne → plan d’action.
16 SoA / PTR SoA = vue mesures (les 93 de l’Annexe A : applicable ou non, pourquoi, où j’en suis). PTR = vue risques (pour chaque risque, l’option de traitement, les actions, les porteurs, les dates).
17 Notification NIS2 / RGPD NIS2 : 24 h alerte, 72 h notification, 1 mois rapport final. RGPD : 72 h CNIL + information des personnes si risque élevé.
18 Moindre privilège / SoD PoLP : uniquement les droits nécessaires, pour la durée nécessaire. SoD : séparer les rôles incompatibles (celui qui crée un fournisseur ne paie pas la facture).
19 Zero Trust en une phrase Aucune confiance accordée par la position réseau : chaque accès est décidé par session, sur l’identité, la posture de l’appareil et le contexte, au moindre privilège.
20 Sauvegarde immuable Non modifiable et non supprimable pendant une durée définie, y compris par un administrateur (WORM, Object Lock). Une sauvegarde hors site reste effaçable par un attaquant qui a les droits d’admin.
21 MFA phishing-resistant FIDO2/WebAuthn/passkeys, carte à puce, Windows Hello for Business : la clé est liée à l’origine et ne quitte pas le matériel. Le TOTP est un code rejouable via un proxy AiTM ; le SMS est vulnérable au SIM swap.
22 SBOM / VEX / SLSA SBOM = nomenclature des composants (CycloneDX/SPDX). VEX = « cette CVE est-elle réellement exploitable chez nous ? ». SLSA = niveaux de garantie sur la provenance de l’artefact (L1 à L3).
23 Anonymisation / pseudonymisation Anonymisation = irréversible, sort du champ du RGPD. Pseudonymisation = réversible, reste une donnée personnelle (c’est une mesure de sécurité, pas une exemption).
24 DPIA / analyse de risques SSI Même méthode possible, point de vue inverse : la DPIA évalue le risque pour les personnes concernées, l’analyse SSI le risque pour l’organisation.
25 PASSI / PDIS / PRIS Qualifications ANSSI : PASSI = audit (5 activités : architecture, configuration, code, pentest, organisationnel & physique). PDIS = détection. PRIS = réponse à incident.

B. Questions de méthode — squelette de réponse

Structure invariable : cadrer → dérouler → mesurer. Ces squelettes sont volontairement courts : le détail est dans la fiche indiquée.

Question Squelette de réponse (10-15 s par étape)
1. Analyse de risques de A à Z Cadrage + valeurs métier et événements redoutés (gravité) → socle et écarts → sources de risque / objectifs visés → écosystème et scénarios stratégiques → scénarios opérationnels et vraisemblance → cartographie + PTR + risques résiduels acceptés + cadre de suivi. → fiche 03
2. Certification ISO 27001 Périmètre et engagement direction → gap analysis → analyse de risques → SoA + PTR → corpus + mise en œuvre → 3-6 mois de vécu → audit interne + revue de direction → Stage 1 puis Stage 2 → levée des NC. 9-18 mois. → fiche 01/04
3. Diagnostic de maturité en 10 jours J1-2 cadrage et collecte documentaire → J3-6 entretiens (8-12) + relevés outillés (PingCastle, ScubaGear, CSPM) → J7-8 cotation sur un référentiel unique (NIST CSF ou ISO 27002, échelle 0-5) → J9 radar as-is / cible / secteur + quick wins → J10 restitution et roadmap. → fiche 01/15
4. Feuille de route SSI 3 ans Entrées : maturité + risques + conformité + incidents → priorisation risque × effort → séquencement des dépendances (pas de Zero Trust sans inventaire ni IAM) → 3 vagues : quick wins < 3 mois, structurants 3-12, cible 12-36 → chiffrage CAPEX/OPEX/ETP → gouvernance et indicateurs. → fiche 15
5. Programme de gestion des vulnérabilités Inventaire des actifs et ownership → découverte (scan authentifié + agents + EASM + images + SCA) → priorisation (CVSS × KEV/EPSS × exposition × criticité) → SLA de remédiation → vérification par rescan → métriques (âge médian, respect des SLA, récurrence). → fiche 10
6. Sécuriser un tenant M365 / une souscription Azure Inventaire et baseline CIS → identités d’abord (MFA, blocage legacy, PIM, break-glass) → accès conditionnel → journalisation vers le SIEM → données (partage externe, labels, DLP) → garde-fous préventifs (Azure Policy) → sauvegarde → indicateurs. → fiches 05/08
7. PCA/PRA Politique et gouvernance → BIA (impacts en fonction du temps → MTD/RTO/RPO) → scénarios de sinistre dont le cyber → choix des stratégies par arbitrage coût/RTO → rédaction des plans dont le plan de reconstruction → tests par paliers → MCO et REX. → fiche 11
8. Programme risques tiers Inventaire consolidé → tiering en 3 niveaux → évaluation proportionnée (attestation / questionnaire+preuves / audit) → clauses contractuelles types → suivi continu et comité → réversibilité. Commencer par les 20-30 critiques. → fiche 13
9. Tableau de bord SSI 8-12 indicateurs max, chacun avec cible, tendance et propriétaire → mélange couverture (MFA, EDR), efficacité (MTTD/MTTR, âge des vulns), résilience (tests de restauration), conformité (avancement roadmap), risque (nb hors appétence) → une page, lisible par un non-technicien. → fiche 15
10. Exercice de crise cyber Préparation 2-4 semaines (objectifs, scénario sectoriel, injects, observateurs) → jeu ½-1 j avec décisions réelles et main courante → débriefing à chaud puis rapport à froid → plan d’action daté. Livrables : scénario, dossier d’animation, rapport, plan d’amélioration. → fiche 09

Trame de réponse réutilisable :

« Je commence par cadrer : périmètre, sponsor, contraintes, existant. Ensuite je fais un état des lieux — documentaire, entretiens, relevés techniques. J’analyse par rapport à un référentiel [ISO 27002 / CIS / hygiène ANSSI]. J’en tire des constats priorisés par risque et effort, puis une feuille de route en 3 vagues avec des quick wins. Enfin je définis les indicateurs de suivi et la gouvernance qui fera vivre le sujet après mon départ. » ⭐ Cette dernière phrase (« ce qui vivra après mon départ ») est très forte en entretien de conseil.

C. Cas pratiques à préparer (rédige un plan de réponse pour chacun)

Cas 1 — La PME

ETI industrielle, 350 personnes, 3 sites, un DSI seul, pas de RSSI. Un client grand compte exige un questionnaire de sécurité et l’ISO 27001 sous 18 mois. Budget serré. Que fais-tu ?

Plan attendu : (1) qualifier le vrai besoin (le questionnaire client d’abord, la certification ensuite) ; (2) diagnostic express sur l’hygiène ANSSI / CIS IG1 ; (3) quick wins : MFA, sauvegardes 3-2-1-1-0 testées, EDR, patch des équipements exposés, retrait des admins locaux ; (4) en parallèle, cadrage du SMSI sur un périmètre réduit et pertinent pour le client final ; (5) gouvernance légère : un référent SSI à temps partiel + RSSI à temps partagé (offre du cabinet) ; (6) roadmap 18 mois avec le jalon audit ; (7) chiffrage et arbitrages présentés au dirigeant.

Cas 2 — Le ransomware

Vendredi 19 h, appel du DSI : les serveurs de fichiers et l’ESXi sont chiffrés. 800 salariés. Le PDG demande si on paie. Tu es le premier arrivé. Que fais-tu, dans l’ordre ?

Plan attendu : (1) cellule de crise, moyens hors SI, main courante ; (2) qualification rapide du périmètre touché et de l’état des sauvegardes ; (3) endiguement : isolation réseau, coupure des accès distants, désactivation/reset des comptes à privilèges, protection des sauvegardes ; (4) préservation des preuves (RAM/disques d’échantillons, logs) et appel à un prestataire IR (PRIS) ; (5) obligations : plainte (72 h pour l’assurance), CNIL si DCP, ANSSI/NIS2, assureur, information des salariés/clients ; (6) position sur le paiement : recommandation de ne pas payer, décision du dirigeant, points juridiques ; (7) plan de reconstruction (base de confiance, AD d’abord, ordre du BIA) ; (8) REX et durcissement.

Cas 3 — Le cloud

Une DSI a créé 40 abonnements Azure en 2 ans sans gouvernance. Des données RH se retrouvent dans un stockage public. Le DPO s’inquiète. Mission : reprendre le contrôle en 3 mois.

Plan attendu : inventaire (Resource Graph, Defender for Cloud), remédiation immédiate de l’exposition + qualification de la violation RGPD (72 h), landing zone cible + management groups, Azure Policy en deny, revue des rôles (PIM, retrait des Owner), journalisation centralisée, DSPM/Purview pour retrouver la donnée sensible, processus d’ouverture d’abonnement, formation des équipes, indicateurs de conformité.

Cas 4 — NIS2

Un opérateur de traitement de l’eau, 600 salariés, découvre qu’il est entité essentielle. Il n’a rien. Le DG est convoqué au conseil d’administration dans 6 semaines.

Plan attendu : qualification EE/EI et périmètre d’entités ; gap analysis contre les 10 mesures de l’art. 21 ; mise en place immédiate du process de notification 24/72h/1 mois (c’est l’obligation la plus immédiatement sanctionnable) ; désignation d’un responsable ; sensibilisation du CA (obligation de formation des dirigeants) ; roadmap chiffrée 18-24 mois ; attention au périmètre OT/SCADA (IEC 62443, Purdue, disponibilité prioritaire) ; one-pager pour le CA avec risque, exposition juridique, budget.